COMPRENDRE LE  CONTEXTE MONGOL 

POUR COMPRENDRE ECOSOUM

DE VASTES STEPPES AU CLIMAT CONTINENTAL EXTRÊME

Le territoire mongol, enclavé entre la Russie et la Chine, est largement constitué de montagnes et plateaux vallonnés, dont l’altitude moyenne avoisine les 1 500 m – avec des sommets à plus de 4 000 m à l'ouest dans la chaîne de l’Altaï. 

 

Les vastes steppes enherbées qui caractérisent le pays s’étendent sur plus de 80 % du territoire. S’il existe un certain nombre de lacs et rivières dans le nord, la moitié sud dispose d’un réseau hydrographique limité (notamment dans le Gobi).

Le climat mongol est l’archétype du climat continental extrême. Les hivers sont longs et très froids (jusqu'à -40°C) tandis que les étés sont courts et relativement chauds (plus de 30°C).

 

On compte chaque année 265 jours de soleil en moyenne, ce qui vaut à la Mongolie son surnom de « pays du ciel bleu ». Avec à peine 215 mm de précipitation annuelles, le climat mongol est semi-aride et les sécheresses estivales sont fréquentes dans de nombreuses régions. 

UNE JEUNE DÉMOCRATIE AU DOUBLE HÉRITAGE NOMADE ET POST-COMMUNISTE  

Depuis le début de notre ère, de nombreux empires nomades se sont succédés sur ce territoire mongol comme sur le reste de l’Asie Centrale et Orientale. Le plus célèbre reste indéniablement celui de Gengis Khan et ses descendants, qui exercèrent leur pouvoir au XIIIème siècle sur plus de 33 millions de kilomètres carrés, du Pacifique jusqu’en Europe de l’Est.

 

Après avoir dominé la Chine en installant la dynastie Yuan à Pékin jusqu’en 1368, la Mongolie finit par tomber à son tour sous le joug mandchou de la dynastie Qing à partir du milieu du XVIIème siècle.

L’indépendance ne sera retrouvée qu’en 1911 à la faveur de la révolution chinoise. Mais à l’issue de nouveaux conflits armés, un gouvernement communiste autoritaire s’installe en Mongolie en 1924, sous la protection de son nouvel allié soviétique.

 

Il faudra attendre le déclin de l’URSS et la révolution pacifique de 1990 pour que s'établisse enfin le système démocratique et libéral que connaît désormais le pays. La Mongolie reste aujourd’hui encore amplement façonnée par ce double héritage nomade et communiste, et connaît nombre des problèmes généralement rencontrés par les jeunes démocraties.

UNE POPULATION ÉPARPILLÉE ET RELATIVEMENT ISOLÉE HORS DE LA CAPITALE

Avec à peine plus de 3 millions d’habitants disséminés sur son vaste territoire, la Mongolie demeure le pays le moins densément peuplé au monde (2 habitants / km2).

 

Outre la capitale qui revêt un statut administratif particulier, le pays est divisé en 330 soums (districts). Chacun de ces soums possède une seule et unique commune, appelée soum-center. En incluant Oulan-Bator, le pays ne compte donc en tout et pour tout que 331 villes et villages, dispersés de manière homogène à travers son vaste territoire.  

On recense encore aujourd’hui environ 230 000 foyers nomades, soit près d'un tiers de la population totale. 

Mais depuis la fin des années 90, en contrecoup de la libéralisation sauvage, la tendance est à l’urbanisation et le pays compte maintenant 67 % de citadins. L’exode rural se fait essentiellement vers Oulan-Bator : le nombre d'habitants y a plus que doublé en deux décennies, si bien que la capitale concentre désormais près de la moitié de la population totale.  

Exception faite de la capitale, les mongols se trouvent donc particulièrement éparpillés, avec toutes les difficultés que cela implique. Le faible niveau d’infrastructures de transport – moins de 10 % de routes goudronnées et une seule et unique voie de chemin de fer – tend d’ailleurs à isoler un peu plus de nombreuses familles rurales. 

UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE DIFFICILE DOMINÉ PAR L'INDUSTRIE MINIÈRE ET L'ÉLEVAGE

Après des décennies d'économie planifiée, la Mongolie connait à partir de 1990 une très difficile transition vers l'économie de marché, en libéralisant brutalement les prix et privatisant une grande partie de ses entreprises publiques.

 

De 2009 à 2013, le pays bénéficie enfin d’une forte croissance, grâce à la hausse du cours des matières premières, mais celle-ci s’est fortement réduite depuis. La situation économique reste aujourd’hui difficile : près de 30% de la population mongole vit toujours sous le seuil de pauvreté, et la prévalence de la sous-nutrition continue d'avoisiner les 20%. 

L’exploitation minière (or, cuivre, charbon, pétrole, fer, zinc, etc.) s’est imposée depuis quelques décennies comme le principal secteur économique du pays. Ces ressources naturelles représentent aujourd'hui près de 90 % des exportations nationales.

 

Néanmoins, le secteur agricole – dont en premier lieu l’élevage traditionnel – représente encore une part importante de l’économie et de la société mongole. Ainsi, si le système agro-pastoral compte pour environ 13% du PIB, il emploi encore près d'un tiers de la population active.